Cette année : neuf Clowns (récompenses suprêmes) :
Deux en OR, Quatre en ARGENT, et Trois en BRONZE.
Depuis l’an passé le Clown de Bronze est une récompense supplémentaire.
Au début un seul clown d’or et trois ou quatre d’argent, pour trois soirées de sélection.
Mais les numéros ont évolués et le Festival a suivi.
Il ne fallait pas décevoir, mais encourager une discipline en voie d’extinction.
Aujourd’hui, vingt-huit numéros présentés en deux soirées de sélection, un tiers reçoivent cette précieuse distinction.
Chaque année, j’attribue mes propres Clowns. Pas toujours d’accord avec les récompenses du Jury de la profession (Directeurs de Cirque).
Il manque un jury représentant les spectateurs.
Et puis on a toujours le doute, comment sont attribués ces prix, quelles négociations ou tractations secrètes peut influer sur ces nominations. Je respecte les résultats mais ne les partage pas forcément.
Du trapèze volant qui vole…
Mon clown d'or 2003.
On est loin des simples sauts périlleux, des doubles sauts, avec ou sans les yeux bandés, des doubles et demi, même.
Aujourd’hui c’est le triple et le quadruple saut périlleux qui est d’actualité, et ce ne sont plus des hommes qui pratiquent, mais des femmes, enfin on est passé de l’Ouest à l’Est. Là où les Etats-Unis excellaient, c’est aujourd’hui les Coréens qui font le spectacle.
Du mouvement il y en a. Avant on avait un seul porteur. Aujourd’hui nous en avons trois, les vols sont plus rapides, plus courts, ou plus longs, c’est plusieurs passages à la suite des uns des autres, parfois croisés. Ca part à droite, avec une prise centrale et hop à gauche ça démarre, chassé-croisé, on se rattrape, c'est réussi.
Ca bouge, le trapèze, ça virevolte. Et pas d’erreur, pas de chute, pas d’échec. Ou rarement pour une figure comme la quadruple pirouette Kim KWANG BOK échoue à trois reprises lors de la soirée de gala. Mais cela n'enlève rien au spectacle, au contraire, le public partage la déception de l'artiste et l'encourage de plus belle. Forts applaudissements, le cirque entier est debout. Que d’heures de travail, de répétitions, pour ce résultat de quelques secondes, fascinant pour les yeux. Ca va tellement vite que l’on a même plus le temps de penser qu’ils risquent à chaque instant la chute fatale.
Un véritable ballet aérien avec la grâce en plus. C’est le clown d’or légitime. La reconnaissance du travail et de cette chorégraphie aérienne.
Kim CHUN AE réussi a chaque coup le triple saut périlleux deux fois de suite en enchainement. Parti de droite, elle réalise son premier saut sans faute jusqu'au premier porteur central, qui la propulse pour son deuxième saut, vers le porteur de gauche.
Ces artistes, ces athlètes plutôt, n'ont pas vingt-cinq ans.
Demain, le quintuple saut ? Les yeux bandés ? Au féminin ? Je ne sais pas, mais pour moi, vous savez, le double saut sans les yeux bandés me suffit, j’ai encore le souffle coupé, et les larmes qui me montent aux yeux, la beauté du geste, de la figure, le tournoiement dans le vide quelques secondes pour se rattraper in extremis. Bien sûr je suis béat devant le quadruple, je ne nie pas la prouesse, l’évolution, mais tout va trop vite, je n’ai pas eu le temps de « digérer le triple saut ».
En tous les cas Chapeau
Les Flying Girls , je n’ai pas oublié les flying Gaonas, les flying Cavarettas, les flying Vasquez et depuis les années 90 les troupes de la République de Corée, ou les figures sont devenues de plus en plus audacieuses.
Je ne suis pas d'accord avec le second clown d'or attribué
Certes
la Troupe Puzanovi, nous a donné un fort beau spectacle avec des sauts à la bascule impressionnants. Dans cette discipline on en est au sextuple saut périlleux !
Les triple sauts se font sur une échasse, et même AVEC triple pirouette, et SANS longe de sécurité.
Mais là aussi ça va trop vite, on ne réalise pas ! On est soufflé. A peine remis, ça recommence de plus belle.
Mais moi j'ai eu un coup de foudre pour la
Moldave Natalia JIGALOVA. Vous allez dire encore du trapèze ! Oui mais Washington.
Seule en grand ballant debout sur le trapèze qui se balance, elle se jete à l'envers et se rattrape par les pieds.
Puis assise sur le trapèze, elle se laisse glisser les jambes fléchies, lache et réalise une pirouette pour se rattraper une fois encore par la pointe des pieds.
Enfin la barre du trapèze dans le dos, elle tourne autour sans prise pour se rattraper cette fois sur les bras.
Dommage que ce numéro soit passé à la trappe, pas même d'argent ni de bronze, rien ou presque (Prix du Cirque de Budapest). Pour moi c'est mon deuxième clown d'or 2003.
Le sens de l'équilibre
Mes clowns d'argent 2003.
J'ai particulièrement aimé le travail de
la Troupe de l'école du cirque de Shangai, à la barre russe: Luo YONGGANG réalise avec une aisance déconcertante, une quadruple pirouette.
Puis sa partenaire QIN YI trés garcieuse, réalise également de magnifiques sauts périlleux, avant d'être juché sur ses épaules et éffectuer trois fois de suite un sauts périlleux et même un avec pirouette.
Egalement
Choe U HWA, réalise la performance de porter à la bouche une baguette sur laquelle est posé un plateau avec des verres. Elle monte à la corde lisse, se lache pour ne tenir qu'avec une jambe, puis en grand ballant, oscille avec son plateau en équilibre sur la baguette.
Bien sûr rien ne tombe. Pour finir, la tête en bas elle jongle avec trois balles et fait tourner un cerceau à l'aide du pied libre, le plateau toujours maintenu au bout de la baguette tenu par la machoire.
Pour ce sens de l'équilibre les deux clowns d'argent sont largement mérités.
Le jury en a décidé un peu autrement, en attribuant certe un clown d'argent à l'école du cirque de Shangaï, et les autres clowns d'argent ne concernent pas Choe U HWA du Cirque de Pyong Yang, qui repartira avec le prix de la Société des Bains de Mer.
C'est dans ces cas là, que je rage, et regrette que le public ne puisse donné son avis.
Récompenser un jongleur ou un dompteur c'est bien, mais cela ne valait une récompense en argent. Le bronze aurait été plus adapté. Le public ne s'est pas trompé, les applaudissements pour le cirque coréen étaient plus soutenus que pour
le numéros de fauves. Il faudra instituer un clown (en jade) à l'applaudimêtre.
Les reprises clownesques fort amusantes de JIGALOV avec KONSTANTIN et CSABA méritaient leurs clowns d'argent. Je ne conteste pas. Ils étaient bons !
Mes clowns de bronze 2003
J'aurai choisi
le duo Farellos pour sa dextérité sur moncycle, au comique.
Ils n'obtiendont que le Prix Spécial Gesellschaft der Circusfreunde E.V
Et
les sauteurs dans les cerceaux du Cirque du Soleil n'auront que le Prix Gandey.
Et enfin, soyons chauvin, les seuls français
les KIDS au trampoline méritaient bien un bronze, ils repartent avec le Prix de la S.A.C.E.M.
Donc tout faux, pour le bronze.
Mais comment sont attribués ces prix ?
Et Monsieur Loyal ?
Cette année Sergio a laissé la place (après 26 Festivals) à Petit Gougou.
Je l'ai trouvé trés bien ce Petit Gougou, en tous les cas à mon goût.
Costume du début vingtième siècle, il joue "façon Monte-Carlo", et j'aime bien.
Bon la voix ne porte pas comme celle de Sergio, les reprises sont parfois hésitantes, il lit trop souvent. Que n'ai je entendu sous le chapiteau !
A la représentation de Dimanche il a même sauté un numéro, pour annoncer l'entr'acte trop tôt. Bilan le numéro des fauves (tigres et lions) à été supprimé.
Malgré tout j'aime bien Petit Gougou. De toutes façons, cela change un peu. 26 ans c'est trop long. On aurait du changer avant. J'aime bien Sergio, mais place aux autres un peu.
Je ne suis pas pour ce monopole du Monsieur Loyal durant tous les festivals. Alors, c'était trés bien comme ça. Et j'ai adoré sa façon de dire MONTE....CAR......LO.....
Les Amis du Cirque ont bien aimé, et lui ont attribué le Prix de l'Association Monegasque des Amis du Cirque
Et cette Marie-Thérèse ?
Improvisations comiques. Un clown. Un fantaisiste qui a trouvé son personnage. Joseph GORGONI, alias Marie-Thérèse Porchet née Bertholet, est exquise.
Elle (il) chante à la perfection "Monaco" une parodie de "Mexico", d'une façon superbe.
Inconnu en France, Vedette en Suisse.
Le rôle de la spectatrice qui est désignée pour vérifier que tout se passe bien, lui va à merveille. L'idée est bonne.
Les parodies des numéros sont géniales, que ce soit le jongleur Viktor KEE, ou le dompteur Alexander LACEY, tout est facile pour Marie-Thérèse, même d'interroger un coq qu'elle prend pour un perroquet !
Décidément les festivals se suivent et ne se ressemblent pas, ils sont différents, meilleurs, et toujours extraordinairement formidable.